1- Pouvez-vous vous présentez en quelques mots pour les futurs lecteurs et
lectrices ?
Ardéchois de naissance et de descendance, je voue une passion pour mon département que je trouve le plus beau de
France.
Après m’être essayé dans plusieurs sports avec un certain bonheur (athlétisme hand ball rugby tennis de table foot- Ball), je signe ma
première licence cycliste à 20 ans. Je pratique ce sport pendant 16 années dont 15 en toutes catégories ; entraîneur un certain temps, je
raccroche pour revenir en tant que dirigeant en 2003.
2- Pourquoi organisez-vous une épreuve pour dames plutôt que pour hommes ? Quelles sont les réactions des
institutions et partenaires sponsors lors de vos démarches ? Comment réagissent-ils ?
Pourquoi ne pas poser cette question aux organisateurs de courses masculines pourquoi organisent-ils une épreuve pour hommes et non pas
pour dames ?
Plus sérieusement, contrairement à Laurent Fignon, je pense que le cyclisme est un sport plus féminin que masculin. Un homme peut avoir la
classe et la pureté du style sur un vélo, la femme a en plus la grâce et la beauté.
Les cyclistines ont besoin de reconnaissance. Elles pratiquent un sport dur, elles le font avec application et talent. Mais elles sont
loin d’avoir « l’aura » et la popularité des hommes. C’est pour cela que j’œuvre pour le cyclisme féminin.
Les institutions réagissent très bien surtout dans l’Ardèche où le Conseil Général nous soutien efficacement. Son Président Pascal
Terrasse et ses vice-présidents sont persuadés que la parité passe avant tout par le sport.
Le bémol vient du Conseil Régional, malgré les efforts importants du conseiller Hervé Saulignac, nous sommes très loin de nos espérances
financières.
Là, on voit très bien que le fossé est encore énorme entre le cyclisme féminin et masculin.
Côté sponsors, nous sommes satisfaits de l’intérêt que portent les belles enseignes de la région et hors région pour le TCFIA. Nous
attendons maintenant que les septiques rejoignent les pionniers courageux.
3- Comment avez-vous vécu l’édition 2007 ? Et quel en est votre meilleur
souvenir…
L’édition 2007 s’est merveilleusement déroulée, tout en était réuni pour un formidable tour.
Le nombre des équipes, la qualité des concurrentes, la beauté des étapes, le temps magnifique, l’engouement des
spectateurs…..
Mon meilleur souvenir : la bagarre que se sont livrées Fabiana Lupérini et Méribel Moreno dans le col du Moulin à Vent. C’était du
bel ouvrage, du style Anquetil Poulidor dans la montée du Puy de Dôme sur le Tour de France 1964.
Deux belles championnes ; une au crépuscule de sa carrière et l’autre à l’orée de sa carrière.
J’aurai aimé avoir à mes côtés un journaliste ou un directeur de chaines de télévision….Peut-être auraient-ils changé leur fusil
d’épaule ?
4 - Que pouvez-vous nous dévoiler, en avant-première, du prochain Tour édition 2008 ?
cette question est encore un peu prématurée
5- Quels sont vos moyens de communication pour faire connaître votre épreuve ? En êtes-vous
satisfaits ?
Nous avons le concours de la Chaîne 7.FR qui nous est fidèle, radio bleu qui a fait un travail remarquable tant avant, que pendant la course, avec des spots publicitaires et une présence en direct sur toutes les étapes. Ce
qui a ravie les organisateurs, les concurrentes, les directeurs sportifs mais également les spectateurs et les auditeurs. C’est vraiment une radio d informations de valeur et très largement
écoutait dans notre région.
Je tiens à remercier son directeur pour son
soutien.
Côté journaux nous avons l’appui de l’hebdomadaire la tribune dont le siège est situé à Montélimar. Ce dernier sponsorise la combativité depuis
le début du tour même quand nous étions dans l’inconnue. J’en remercie ici son ancien directeur Alain Renaud et son successeur Monsieur Cahn.
Le grand régional qui est le dauphiné libérée nous a rejoint et a très largement couvert
notre dernière édition.
France 3 est venue nous rendre visite et a réalisé deux reportages. C’est très largement en dessous de ce que le TCFIA mérite avec l’élite
mondiale du cyclisme féminin présent en Ardèche.
Nous pensons sincèrement que France 3 pourrait faire un effort et se pencher réellement sur
l’épreuve. C’est non seulement leur job mais surtout leur devoir. Nous caressons l’espoir d une plus grande collaboration pour 2008.
6- Dans le cadre de l’organisation, quel est l’aspect primordial de l’épreuve que vous
privilégiez pour en assurer son bon déroulement ?
Ce que l’on privilégie en Ardèche c’est avant tout la sécurité. Un peloton de 120
concurrentes lâché sur nos routes étroites, sinueuses, escarpées et encombrées ne peut se faire qu’avec un maximum de sécurité. La présence d’un grand nombre de motards civils expérimentés et des
motards CRS mis à notre disposition, nous assure un service et une sécurité sans lesquels nous serions bien en peine de réaliser notre belle épreuve.
Merci à Guillaume Jobain président de media motos sécurité et Bruno Rivière président de Bretagne motos pour leur travail, merci aussi et surtout au commandant qui met à notre disposition les motards
CRS).
Enfin nous avons le concours des ambulanciers ardéchois qui se mobilisent pour nous durant toute l’épreuve.
7- De quel budget disposez-vous pour couvrir la compétition ? Quelles difficultés
rencontrez-vous lors de vos différentes démarches ?
Le budget est de l’ordre de 120 000 € et les difficultés sont toujours les mêmes : réunir une telle somme pour un sport féminin n’est pas une sine cure, car si certains ont compris la démarche d’ouverture et nous sont fidèles, beaucoup sont encore
réticents.
8- Combien de personnes sont intégrées au sein de
l’organisation ?
20 personnes consacrent bénévolement leur temps toute l’année. En date du tour, le nombre passe à 350 environ.
9- Quel regard portez-vous sur l’évolution du cyclisme féminin français en général et comment
situez-vous celui-ci par rapport au cyclisme féminin étranger ?
C’est la question qui blesse. je pense que le cyclisme féminin français est très bas et loin
de moi l’idée de lancer la pierre à nos petites françaises qui font leur possible pour être à la hauteur, mais à qui on ne donne pas les moyens techniques, moraux, financiers, ni les conseils
adéquates nécessaires.
Le mal est ailleurs que chez nos filles.
Il se trouve en un premier lieu dans les instances politiques françaises qui se moquent complètement du cyclisme féminin et du sport
féminin en général.
En deuxième lieu, au sein de notre fédération de tutelle qui ne se soucie que peu ou prou de nos féminines.
Le problème est que le phénomène Jeannie Longo a longtemps été l’arbre qui cachait la forêt. A l’heure actuelle vu son âge un peu avancé
et la retraite de Zabou, il n’y a plus de fille en France capable de faire jeu égal avec les meilleures étrangères.
Nous sommes largement en retard par rapport au cyclisme italien, espagnol, hollandais, allemand, américain, russe ou
lituanien.
J’ai la chance de travailler depuis plusieurs années avec le cyclisme féminin lituanien un tout petit pays de 3 000 000 d habitants
et qui sort des championnes à la pelle et nous la France berceau du cyclisme nous sommes à la dérive.
10- Quelle est votre conclusion personnelle ?
Pour ma conclusion, je vous citerai un adage qui me vient de mon grand père ardéchois du plateau du Coiron : « chacun son métier les vaches seront bien gardées ». A bon entendeur
salut !